Canson (Annonay)

Abordons la généalogie de la famille de Sagnard de Canson avec Jean Baptiste de Sagnard de Canson qui se marie avec Marguerite de la Rivoire le 14 janvier 1636 à Veubron (notaire Périer). Jean Baptiste est seigneur de Glavenas et de Canson. C’est le fils de César de Sagnard, baron de Queyrières et de Claude de Langon.

 

Son frère aîné Antoine donna naissance à la branche des Sagnard de Glavenas, son autre frère, Jean donna naissance à la branche Sagnard de La Fressange et son dernier frère Pierre donna naissance à la branche Sagnard de Maumeyre.

 

Le blason de la famille de Barou de La Lombardière est le suivant :   "Ecartelé au 1 et 4 d’azur à 3 étoiles d’or, au 2 et 3 d’argent à 1 rose de gueules". Et le blason de la famille de Canson est la suivante : "D'azur au sautoir d’or" comme la branche aînée.

 

Canson est un fief ou domaine dans la Vaulcance (Vocance) qui a été possédé pendant longtemps par des familles nobles qui en tiraient leur surnom. Il habitait à Beauregard, mandement de Vaucance. Avant 1657, il signait Sagnard après cette date, il signe Canson. Il est maintenu dans sa noblesse le 20 décembre 1668. Il obtient des lettres de grâce pour avoir, très involontairement tué d'un coup de pistolet Antoine Jamet, son domestique, qui avait engrossé Guionne de la Rivoire[1], sa belle-soeur qui était un peu simple d'esprit. Sa femme est la fille de Jean Baptiste de la Rivoire et de Suzanne de Crossolier. C’est la famille de Crossolier qui lui transmet le fief de Canson en 1654. Le 30 avril 1693, il comparaît à une délibération des consuls de Vaulcance, concernant la déclaration de ceux qui possèdent des fiefs, rentes et héritages nobles dans le mandement de Vaulcance.

 

Citons la délibération :

 

« Item noble Jean Baptiste de Sagnard, Sieur de Canson, comme héritier de défunte Marguerite de la Rivoire, sa femme, possède noblement en ladite paroisse un domaine appelé de Canson, composé de maisons, grange, jardin, prés, vignes et autres propriétés ayant environ huit pièces ».

Ils ont trois enfants :

1) Joseph (généalogie qui suit)

2) François baptisé le 12 octobre 1653

3) Marie qui se marie avec Vital Gibert de Chazotte[2], seigneur de Chazotte, coseigneur au bailliage de Montfaucon, décédé le 30 août 1726 à Montfaucon, en 1650 (et remarié en seconde noces avec Jeanne de Solmes)

        

Joseph de Sagnard se marie avec Elisabeth[3] (ou Isabeau) de Voguë de Gourdan en 1659. Sa femme est la fille de Louis II de Voguë (décédé le 18 février 1686 à Annonay), seigneur de Gourdan et de Marie Madeleine Royraud du Villard (fille de Jacques de Royraud, baron du Villard et de Marguerite de Pyeres dont la famille est établie à Saint Alban d’Ay au château des Rieux). En 1694, Joseph de Canson est propriétaire et habite Beauregard, paroisse de Vaulcance. En 1694, il est qualifié de seigneur de Canson aux mariages de Jean Just de Bronac avec Marie Anne de Baronnat et de celui de Louise de Baronnat avec Jean Dusolier de Monneyron en 1702. Ils ont 3 enfants :

 

1) Joseph né le 26 novembre 1702. Son parrain est César Joseph de Crossolier. Parmi les témoins présents à sa naissance apparaît Gilibert Colonjon du Solier, avocat au parlement. Il est appelé de Crossolier, nom qui lui vient de la famille de sa mère et il sert au Régiment de Bourbon Infanterie avant d’être réformé. Malheureusement, il meurt noyé dans un béal d’un pré où il y avait peu d’eau. Sa soeur hérite de Canson car il ne laissa pas de postérité.

 

2) Marguerite Dorothée (généalogie qui suit)

oo Barthélemy Barou de la Lombardière.

Elle hérite du fief de Canson à la mort de son frère aîné.

 

3) Marie

Barthélemy Barou de la Lombardière est né en 1713 et décédé le 20 juillet 1781 et marié avec Marguerite Dorothée de Sagnard de Canson le 15 novembre 1747, héritière de la seigneurie de Canson.

C’est le fils de Jean Barou, écuyer, seigneur de la Lombardière et de Jeanne Barou. Son père Jean de Barou (1690-1763) est secrétaire du Roi en la Chancellerie du Parlement de Pau, lieutenant du Bailliage d’Annonay, écuyer et seigneur de la Lombardière. Leur contrat de mariage est signé le 12 novembre 1747 à l'hôtel de Jacques, comte de Voguë à Annonay (son oncle). Le père du marié est secrétaire du Roi, lieutenant principal au bailliage du Vivarais, juge royal d'Annonay. Le frère de la mariée donne à sa soeur tous ses biens sous réserve d'une pension viagère de 700 Livres et de son habitation dans le « château » de Canson, du bois pour son chauffage et de l'obligation de payer ses dettes passées ou autre, 6 000 livres à Marie (sa soeur). Les parents du marié donnent à leur fils la moitié de leurs biens sous réserve de l'usufruit. Les témoins de l'acte de maître Gamon d'Annonay sont : noble Joseph de Sagnard de Canson, seigneur de Canson (son frère), noble Jacques comte de Voguë (son oncle), noble Pierre comte de Voguë chevalier de Saint-Louis, brigadier des Armées du Roi fils dudit Jacques (son cousin). La famille Barou s’est enrichie dans la judicature et elle achète au XVII°siècle le grand domaine de la Lombardière.

 

Ils ont 3 enfants :

 

1) Jacques Jean Baptiste (18 septembre 1748) (généalogie qui suit)

 

2) Jeanne Marie Dorothée (18 octobre 1749) mariée avec Jean de Lombard écuyer, conseiller du Roi et procureur au bailliage le 15 juin 1773.

 

3) Claire Elisabeth Pierrette (3 juin 1751) mariée avec Jean François Marcellin Sonyer du Lac le 27 avril 1773, fils de Jean François, avocat, et de Marguerite. La famille Sonyer du Lac est originaire de Saint Didier en Velay et apparentée à leurs cousins les de Sagnard de La Fressange.

 

Jacques Jean Baptiste se marie avec  Marie Anne Léorat le 1 juin 1773. Sa femme est la fille de Pierre Léorat et de Anne Alléon. Il est mousquetaire du Roi.  En 1778, il adhère à la loge « La vraie amitié ».

 

Le 29 juin 1790, il établit son rôle d’imposition des biens privilèges de Vocance, citons son acte :

 

« Je soussigné Jacques Jean Baptiste de Barou de Canson pour satisfaire au décret de l’assemblée nationale du 26 Mars dernier et à la proclamation du Roy du 27 Mars et suivant, concernant les biens privilégiés en Languedoc, déclare que je possède en la paroisse de Vocance, la quantité de dix huit quartes et huit pugnières et demi seigle, quatre ras ; demi pugnières avoine ; trois baux et six pots, vin ; quatre géline et demi ; une alouette ; demi poulet et une livre deux sols neuf deniers en argent, le tout affermé avec une plus grande quantité à huit livres dix sols la pièce ce qui fait revenir les rentes sus déclarées à la somme de soixante trois livres huit sols, neuf deniers.

Je déclare encore que je possède toujours en la même paroisse presque en rentier mon domaine de Cansonnet, le restant étant de la paroisse de Monestier, le domaine consistant en maison, grange, écurie, jardin et curtillage, séol (sol), prés, paturaux, terre et rocher, le tout joint contenant en jardin séol et curtillage environ trois quartallées en prés ; paturaux, environ vingt sétérées et en terre rocher, environ quatre vingt douze sétérées, le tout réduit aux différentes mesures du cadastre et allivré selon lextime assigné à chaque degré du cadastre de la paroisse de Vocance d’après l’application qui en a été faite sur les fonds du domaine, au moyen de quoi son taux sera porté pour ladite paroisse de Vocance à la somme de cent huitante livres, dix sols, six deniers ».

Laquelle déclaration j’affirme sincère et véritable ce 29 mars 1790, Canson. ».

 

Il hérite de son cousin Pierre Antoine Barou du Soleil, écuyer, seigneur du Soleil, membre de l’Académie de Lyon, procureur à la cour des monnaies, procureur général sénéchal de Lyon, marié à Jeanne Marie Durand (fille de Paul Durand, seigneur de Chatillon) et exécuté pendant la terreur en 1793 à Lyon. En l’an X, il paie plus de 1 000 francs de contribution foncière[4].

 

Ils ont 5 enfants :

 

1) Anne Jacques Barthélemy (né le 5 mai 1774, baptisé le 14 mai 1774 et décédé le 12 octobre 1859) (généalogie qui suit)

 

2) Jeanne Marie Sophie (baptisée le 22 avril 1778)

oo le 30 Germinal an VII Louis Henri Daniel d'Ayme, baron de Lambertye d’où trois enfants.

 

3) Jean Jacques Sylvestre (31 décembre 1780 - 20 février 1821)

oo Le 5 juillet 1812 à Françoise Antoinette Louise de Mabille de Bronac de Vazeilles. Elle est la fille de Jean Just Joseph de Mabille de Bronac de Vazeilles (dit de Raucoules, garde du corps de Louis XV, né en 1733) et de Catherine Frachon d’où trois enfants.

 

4) James Jacques est né le 27 août 1783, décédé le 4 janvier 1843 et marié le 16 mai 1810 à Marie Henriette Fournat de Brezeneaud. C’est la fille de Barthélemy, seigneur d'Ay et de Françoise Grel. James de Canson est d’abord l'associé de son frère puis il abandonne l'industrie papetière pour devenir minotier. Ils ont 2 enfants.

 

5) John de Canson se marie avec Marianne Forel le 15 brumaire an XII

d’où un enfant :

 

Barthélémy de la Lombardière de Canson (1774-1859) se marie avec Alexandrine Jacqueline de Montgolfier, fille d'Etienne de Montgolfier et de Marianne Claudine Justine Brou le 30 vendémiaire an VII (le 20 octobre 1798).

Barthélemy  est né le 1 mai 1774, baptisé le 5 mai 1774 et décédé le 13 octobre 1859. Sa femme Alexandrine est née le  7 mai 1777 et décédée le 22 juin 1849. Son père est riche propriétaire foncier d'Annonay. Il suit les cours au collège des Oratoriens à Lyon. Puis il est appelé sous les drapeaux. Il participe au siège de Toulon. De retour à Annonay, il entre à Vidalon. Il se marie avec Alexandrine de Montgolfier, la seconde fille d'Etienne. Ce mariage fait basculer son avenir. Neuf mois après ce mariage, Etienne décède. Il doit participer activement à la Direction de la Manufacture. Le 23 octobre 1801, l'entreprise prend la raison sociale "Montgolfier et Canson". Le 27 juillet 1803 intervient l'acte de licitation en vertu duquel, il devient propriétaire de la manufacture et des domaines, moyennant la somme de 79 998 Livres. Le 1 avril 1809, la société se partage entre James, son frère, et lui. Elle s'appelle "Canson Frères". Elle est maintenue jusqu'en 1860, date de la mort de son fils Etienne. Barthélemy apparaît très vite comme le digne successeur d'Etienne de Montgolfier. C'est un excellent technicien. Il augmente la gamme proposée et améliore les processus de fabrication. Il fait connaître ses produits dans l'Europe entière. Il met au point la coloration en pâte, la fabrication de papier à calquer. Il met en place la première machine à papier. Il s'agit d'un bouleversement technologique. Il réalise d'autres innovations en collaboration avec son fils Etienne. Il est décoré de la Croix de Chevalier de la Légion d’honneur en 1831. Le Roi l'élève à la dignité de Pair de France en 1832. En 1847, il achète la papeterie de Vidalon-le-Bas à François-Michel de Montgolfier. Peu de temps après, il se retire dans son château de La Lombardière. Là il s’occupe de diverses activités comme l’étude des progrès agricoles, la peinture et la visite de ses amis industriels et agriculteurs. Il laisse la manufacture à son fils aîné. Ses deux fils se marient dans la même famille.

En 1847, il paie 5 484 francs d’impôts dont 3 577 francs pour le foncier. Depuis 1834, la part de son cens global a augmenté de 43% mais celle du foncier s’est accrue de 71% preuve de nombreux achats[5]. Il possède les plus belles propriétés d’Annonay à Peaugres où disait-on : « Tout est à monsieur de Canson[6] » qui, en 1842 acquiert également les 140 hectares du domaine de la Rivoire à Vanosc. Il détient également 60 hectares à Quintenas.

 

Ils ont 4 enfants :

 

1) Etienne (9 août 1803 - 26 septembre 1860) (généalogie qui suit).

 

2) Jacques Adélaide Louis (3 ou 4 mai 1809-1893)[7]

oo Gabrielle de Lamajorie de Soursac le 27 juin 1834

Il rejoint son frère Etienne à Paris au collège Massin puis il revient à Vidalon à fin de ses études. Il travaille avec son frère à Vidalon. En 1847, son cousin d’Ayme lui vend sa propriété des Gonottes devenue Sainte Emilie. Puis à la mort de son père, il achète à Lioud le château des Célestins à Colombier le Cardinal.

 

3) Jeanne Adèle 

oo Gabriel Veyre de Soras en 1821

d’où postérité.

 

4) Nancy (décédée le 22 juin 1849)

oo Alexandre Roux le 30 janvier 1839

d’où deux enfants :

 

         a) Frank Roux (6 août 1831-11 août 1904)

         oo Pauline Augustine Desgrand (1837-29 mars 1890 au fort de Brégançon dans le Var) mariée le 4 octobre 1858

Frank Roux[8] est administrateur des papeteries Canson et Montgolfier à Vidalon avec des revenus de 30 000 francs par an.

Pauline Augustine Desgrand est la petite fille de Marc Seguin et Rose Duret. C’est la fille unique de Pauline Seguin (née le 21 mars 1817 et décédée le 20 octobre 1881 à Gourdan) épouse de Jean Mathieu Desgrands (décédé au château des Pins près d’Annonay le 5 mai 1860), marchand toilier.

Elle achète sur ses biens propres (régime obtal) Gourdan pour 540 000 francs soit le château, le grand parc et le petit parc auprès d’Eugène Melchior de Voguë et pour 230 000 francs le reste du domaine de Gourdan comprenant les bois de Saint Agathe et les terres de cheval auprès du père de ce dernier, Raphaël de Voguë. A sa mort, la jouissance de Gourdan passe à son mari et la nue-propriété à ses deux fils Emile et Gabriel.

         d’où trois enfants :

 

                   1) Malthilde (1859)

                   oo Jean François Henri Sainte Olive en 1879.

Il est avocat auprès de la Cour d’Appel de Lyon.

                   2) Emile

                   oo Jeanne Gabrielle Petin le 1 août 1887 à Rives en Isère.

Sans postérité. Emile est une personne qui aime faire la fête à Paris d’après des témoignages contemporains et il vend le château de Gourdan sans ses meubles et ses dépendances (soit 250 hectares) pour la somme de 150 000 francs le 26 novembre 1906 à Joseph Ribes. Sa mère l’avait acheté cinq fois plus cher 47 ans plus tôt ! 

                   3) Gaston

                   oo Marie Allemagny

         b) Marie Alexandrine

         oo Etienne de Canson, son oncle en 1855

 

Etienne Barou de La Lombardière de Canson se marie deux fois avec Louise de Lamajorie de Soursac en 1832 puis avec Marie Alexandrine Roux, sa nièce en 1855.

Sa première femme Louise est la fille de François Xavier, baron de Soursac et de Anne Marie Louise de Gain de Montagnac.

Etienne est né le 9 août 1805. Il suit les passions de son père. il adore lui aussi la technique. Il suit des études supérieures aux lycées Bourbon et Charlemagne à Paris. Il complète volontairement son éducation scientifique en assistant aux cours du Conservatoire des Arts et Métiers et aux préparations de Thénard, grâce à l'intercession de son cousin Marc Seguin. Il se lie d'amitié avec son jeune professeur Auguste Blanqui, ce qui ne plaît pas à sa famille et à son père. En 1824, il s'établit définitivement à Vidalon à l’appel son père. Il se consacre aux innovations. Son père a installé une machine à table plate ; l'inconvénient majeur réside dans un égouttage insuffisant qui a pour conséquence une moindre résistance au moment du relevage. Etienne pallie cet inconvénient en inventant les fameuses caisses d'aspiration qui "servent à accélérer l'égouttage, l'air ne peut y pénétrer que par la toile métallique qui passe immédiatement au-dessus d'elles". Cette invention longtemps gardée secrète par les papetiers de Vidalon, est le point de départ d'une série de perfectionnements. En enlevant une importante partie de l'eau contenue dans la pâte et confortée par un mouvement de va-et-vient impulsé à la table de fabrication, les caisses permettent aux fibres de mieux de solidariser. Plus résistante, la matière est acheminée sans risques vers de lourdes presses auxquelles elle ne craint pas d'adhérer, puis elle gagne les draps coucheurs et enfin les sécheurs. Il est aussi l'inventeur d'une turbine, dite "turbine rurale" dont les applications en agriculture mais aussi en industrie, accélèrent l'utilisation de l'énergie hydraulique dans cette dernière branche. Il a construit aussi une coupeuse et d'autres machines. Il perfectionne le blanchiment de la pâte à l’aide du chlorure de chaux avec adjonction dans les cylindres d’acide sulfurique. Il a amélioré l'art de la papeterie d'une telle manière que ce sont ses confrères qui, lors de l'Exposition Universelle de 1849, demandent au gouvernement son élévation au grade de Chevalier de l’ordre de la Légion d’honneur. Il mène une vie de propriétaire terrien éclairé par son père. De concert, ils modernisent l'agriculture ardéchoise avec des techniques de gestion éprouvées dans leur manufacture. Il est président de la chambre de commerce d'Annonay. Il habite le château de La Rivoire où il reçut Auguste Blanqui, traqué par la police. Nommé président de la chambre de consultation des Arts et Manufactures, il soumet à ses collègues un projet pour la construction d’un grand barrage à établir sur la rivière de la Deume pour régulariser son cours et procurer l’eau nécessaire à la ville.

 

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