Choumouroux (Yssingeaux)suite4

Une lettre d’Auguste Jules Marie Armand Prince de Polignac[1] écrite de Londres le 24 juillet 1827 à Alphonse souligne son appui pour placer Ernest, citons :

"Il lui promet son appui pour obtenir en faveur de son fils Ernest une place parmi les pages de sa majesté car il peut répondre à son attente" [2]. Ces deux lettres sont courtoises et sympathiques mais pour information, Ernest n'est pas devenu page de sa majesté.

         Les réactions du Conseil Municipal[3] face aux événements sont à remarquer. Au lendemain du coup d'état du 2 décembre 1851, le maire d'Yssingeaux Alphonse de Sagnard de Choumouroux, envoie un courrier de soutien à Louis Bonaparte, citons :

"Monsieur le Président de la République, Prince, le Conseil Municipal de la ville d'Yssingeaux, au nom de la commune qu'il représente a l'honneur de vous exprimer sa bien vive reconnaissance à l'occasion du grand vote....

Vu votre énergie et votre patriotique dévouement, vous avez sauvé la France d'une épouvantable catastrophe. Recevez, Prince, les voeux que le Conseil forme de vous voir longtemps présider aux destinées de la France. Vous trouverez en lui un concours loyal et constant. Signé Choumouroux". De plus, à l'annonce de la Proclamation de l'Empire le 2 décembre 1852, l'enthousiasme a augmenté : "Le plus vif enthousiasme dont nous eussions jamais été témoins". Après l'attentat d'Orsini contre Napoléon III, nous n'avons pas de trace d'un courrier de soutien du Conseil Municipal d'Yssingeaux en 1858. Face à chaque événement national, le maire d'Yssingeaux adresse un courrier administratif au gouvernement en place à son nom et au nom du conseil municipal.

         En conclusion, Alphonse de Sagnard de Choumouroux réussit à accéder à l'échelon national une seule fois sur deux tentatives. Son jeune âge et son dynamisme lui auraient sans nul doute permis de conserver une place à l'assemblée pour de nombreuses années. Il n'a pas pu faire ses preuves compte tenu des conditions restrictives des modalités d'élections. Nous pouvons penser que cet échec a pu contrarier cet homme dans son action politique ultérieure et l'a conduit à laisser sa place à son fils et à son cousin Henry de Sagnard de la Fressange. Il a assumé de très longues années la gestion de la commune d’Yssingeaux et l’a doté d’aménagements significatifs. Au conseil général, il a participé à l’aménagement du département de la même manière. Il laisse son mandat de conseiller général à son fils à l’âge de 51 ans, de maire à son fils à l’âge respectable de 75 ans et il meurt à l’âge avancé de 84 ans à Yssingeaux.

 

 

XI - JOSEPH CHARLES ERNEST DE SAGNARD DE CHOUMOUROUX

 

oo Odile (ou Adolie) Pierrette Françoise de La Roque en 1842

Il est maire d'Yssingeaux et conseiller général de la Haute-Loire. Sa femme est la fille d'Alexandre Balthazar Jean Marie de la Roque, baron, chevalier de Saint-Louis, commandant de l'ordre militaire de Saint-Louis, maréchal de camp et de Delphine Garnier[4]. Le contrat de mariage est reçu par le notaire Buisson à Quitenas (Ardèche) le 6 juin 1842. Ernest est né le 27 décembre 1811 et il est mort le 24 février 1895 à 84 ans. C'est le fils aîné de Joseph Alphonse Raymond Marcellin Bénigne et de Marie Françoise Angélique du Crozet. Il entre à l'école de Saint-Cyr sans poursuivre une carrière militaire ultérieure. Elle décède le 6 janvier 1902.

Ils ont deux enfants :

 

1) Joseph  François Hippolyte Marie Georges (1848 - 1885 à Lyon)

oo Marie Olympe Marré

En 1868, pour ses vingt ans il effectue un voyage autour du monde en bateau qu’il raconte dans son journal de croisière.

Ils ont deux enfants :

 a)  Joseph Victor George dit Auguste né en 1871, étudiant en 1895 quand il déclare la mort de son grand-père Ernest.

oo Marie Ernestine Félicie Mercédès de Sagnard de Choumouroux, sa cousine le 27 juillet 1900

 

Ils ont trois enfants :

   1) Edouard Guy Régis né le 18 novembre 1903

   2) Eliane Marie Joseph Mercédès née le 28 octobre 1904

   3) Béatrix Joseph née le 18 mars 1906

 

 

 b) Jeanne Marie France Olympe (décédée en 1955)

oo Régis Auguste Blancheton (né le 19 décembre 1868 à Craponne sur Arzon et décédé le 14 août 1941). A cause de ce mariage avec roturier travailleur, elle fut bannie à jamais de sa famille. C’est le fils de Jean et de Marie Marguerite Françoise Roux. Il est notaire à Craponne de 1896 à 1909. Mais il est atteint de surdité et doit abandonné sa charge. Ils s’installent à Paris où il crée une fabrique de vélos ayant pour nom Alpar, avenue de la République. Mais sa fabrique décline à mesure du déclin de la mode. Ils prennent leur retraite à Chatelaillon plage en Charentes Maritimes.

 

Ils ont quatre enfants avec une très nombreuse descendance mise en index de la  page 36 à 41  :

   1) Georgette Claudine Marie (née le 19 octobre  1896 à Craponne sur Arzon et décédée le 27 décembre 1976 à Lourdes)

   2) Suzanne Marguerite Joséphine (née le 22 mai 1898 à Craponne sur Arzon et décédée le 12 février 1977 à Aubagne)

  3) Mercédès Andrée Ernestine (née le 31 janvier 1900 à Craponne sur Arzon et décédée le 25 décembre 1919)

   4) Odette Jeanne Marie Louise (née le 9 juillet 1901 à Craponne sur Arzon)

 

         2) Georgette Françoise Marie

oo Louis Félix Adolphe de Sagnard 23 mars 1876

Il est le fils de Joseph Louis Félix de Sagnard, dit le baron de Queyrières, notaire, maire de St Julien en Chapteuil, conseiller général de la Haute-Loire de 1871 à 1874. Son père est né le 16 juillet 1816 et décédé le 7 juillet 1874 et sa mère est  Marie Anne Mijollat de la Touraille qui est née le 6 août 1828. Félix est né en 1853. Ancien volontaire en marine. C’est le propriétaire du château de Montbarnier à Yssingeaux à cette époque. Séparé de sa femme, résidant à Choumouroux en 1905, il habite Montbarnier situé face à Choumouroux !

 

Ils ont deux enfants :

 a) Félix Pierre Alfred dit Pierre né le 5 septembre 1880, appelé baron de Sagnard, conseiller général du canton de Satilleu en Haut Vivarais, la politique attire toujours cette famille. Sa grand-mère Adolie lui fait une donation de 110 000 Francs en vertu d’un acte de donation reçu par le notaire Vey d’Yssingeaux le 30 juin 1900. C’est le dernier propriétaire du château de Choumouroux.

 b) Marie Ernestine Félicie Mercédès

oo Joseph Victor George dit Auguste de Sagnard de Choumouroux, son cousin le 27 juillet 1900. Lors de ce mariage[5], le château est décoré de guirlandes, la grande allée est éclairée et la foule des habitants vient les féliciter en leur récitant des compliments et en dressant des barricades d’honneur. Sa grand-mère Adolie lui fait une donation de 80 000 francs suite à son contrat de mariage en vertu d’un acte de donation reçu par le notaire Vey le 16 octobre 1900. Ce couple vivant à Paris 78 place Saint Jacques a vendu à Pierre de Sagnard de Choumouroux le château  de Choumouroux moyennant le prix de 50 000 francs payé comptant d’après un acte reçu par le notaire Favre le 7 mars 1920.

Ils ont 3 enfants :

   1) Edouard Guy Régis Alaïs Marie né le 14 ou 18 novembre 1903

   2) Eliane Marie Joseph Mercédès née le 28 octobre 1904

   3) Béatrix Joseph née le 18 mars 1906

 

Le dernier Sagnard de Choumouroux mentionné dans les registres paroissiaux est :

Edouard né le 24 janvier 1949.

 

Une tradition familiale mentionne un mariage avorté entre un de ses membres et la fille d'Ettore Bugatti (célèbre constructeur) mais celle-ci avait exigé le titre de comtesse et la possession du château familial pour donner son accord mais un refus sur ces conditions entrava ce mariage.

 




[1] Jules de Polignac est né en 1780 et mort en 1847, il est pair de France et président du Conseil des Ministres de Charles X, ancien officier de Hussards, aide de camp du Comte d'Artois, maréchal de camp, écuyer de Charles X.

[2] Dossier Bibliothèque Municipale Le Puy n° 260 Fonds Cortial.

[3] Registre des délibérations du conseil municipal d’Yssingeaux à ces dates.

[4]  C'est une femme d'une haute intelligence, d'une inépuisable charité et elle était toujours à la tête de toutes les bonnes oeuvres. Les pauvres connaissent la porte de sa maison et ils trouvent tous les jours et à toutes heures : le vêtement, le pain  et la pièce de monnaie. La famille de Choumouroux a de tous temps pratiqué cette noble vertue (la charité), pas un pauvre n’a frappé en vain à la porte de cette maison d'après la nécrologie publiée dans le journal  La Semaine d'Yssingeaux du 11 janvier 1902 (ADHL 2 PB 24).

 

[5] Article extrait du journal  La semaine d’Yssingeaux daté du 4 août 1900.

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