Sasselange (Craponne-sur-Arzon)

Abordons la généalogie de la famille de Sagnard de Sasselange qui a acheté le château de Veauchette le 24 mai 1842. Ce château est désormais connu sous le nom de Sasselange. Il est revendu à la SICA par la famille de Jerphanion (descendants des Sasselange) en 1973, année où il était nécessaire de le vendre car les travaux et l'entretien devenaient trop lourds, surtout après les partages de succession.

 

Le château de Veauchette représente une construction rectangulaire à trois étages flanquée de deux pavillons carrée qui a remplacé un ancien manoir. Il comprend des dépendances, une cour, une orangerie, des écuries, une basse cour, une grange, des jardins d'agrément, un bassin et un jardin potager. Ce château borde le cours de la Loire ce qu'il lui a valu plusieurs fois d'être inondé par les crues de ce fleuve majestueux (des marques de crue sont fixées sur la façade du château qui témoignent de l'hauteur des crues).

 

Pour rappel c'est Jean de Vauche, fils de Rolland de Vauche, qui chevalier, rendit le premier hommage connu pour Veauchette au comte de Forez le 6 août 1315. Le 30 octobre 1541, Veauchette fut acquis par Antoine de Rostaing, capitaine-châtelain de Sury-le-Comtal et valet de chambre et gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi (sa première femme Gabrielle du Clusel est demoiselle de Diane de Poitiers). La famille de Rostaing garda ce château jusqu'en 1842.

        

Abordons quelques aspects de la vie familiale des Sagnard de Sasselange avec quelques personnages :

 

Jean de Sagnard de Sasselange se marie avec Louise du Favet de Montagier le 12 avril 1714 à Craponne. Ils ont cinq enfants. Il est né à Yssingeaux (château de Choumouroux) le 2 octobre 1672 et meurt à Craponne le 22 avril 1746 à 74 ans. C'est le fils de Pierre de Sagnard de Choumouroux et de Jeanne Petiot (du second mariage). Il fait une brillante carrière militaire au régiment d'Auvergne où il termine comme brigadier des armées et chevalier de Saint-Louis. Sa femme Louise du Favet de Montagier est la fille de Jean Pierre du Favet de Montagier, seigneur de Montagier et de Jeanne Anne Barjon habitants Craponne. Le 10 février 1729, il achète d'André Chapuis, seigneur de la Goutte, les rentes nobles de Trémolles, Montagnac, Taillefer et Mons, en Velay.  Les  cinq enfants sont Anne (née le 10 Juillet 1716 et  morte jeune),  Jean Dominique (né le 4 août 1719 et décédé le 18 avril 1816), Charles (né à Craponne le 14 mai 1722-16 juin 1761) dit le chevalier de Sasselange, Marie Reine (née le 14 novembre 1724 et morte jeune) et Marianne (née le 26 janvier 1727). Elle épouse le 30 avril 1754 Antoine Joseph de Bretanges, fils d'Antoine et d'Antoinette Amariton de Beaurecoeuil habitants Clermont-Ferrand.

         Jean Dominique de Sagnard de Sasselange se marie avec Catherine Denis le 28 décembre 1744 (acte Maître Valet). Il est le seigneur de Pontempeyrat, Mons, Montchant, Villarou et le baron du Besset. Il est né à Craponne le 4 août 1719, et il meurt à Craponne le 18 avril 1816, à l'âge avancé de 97 ans. Il est capitaine au régiment d'Auvergne. Sa femme est Catherine Denis, fille de Jean Joseph, écuyer, seigneur du Besset, conseiller du Roi, lieutenant général d'épée du sénéchal et présidial de la ville du Puy et de Marie Barbe Bonnefous habitante de la ville du Puy. Elle est sortie une semaine avant son mariage du couvent de la Visitation, âgée de 14 ans. Etant mariée très jeune, Catherine attend d'avoir 18 ans pour donner naissance au premier de ses huit enfants : Pierre Louis (28 juillet 1748-8 juin 1756), Marianne (21 septembre 1750 à Craponne). Elle est religieuse au couvent de la Visitation au Puy. En 1792, elle se retire dans sa famille avec ses deux soeurs. Le 13 mai 1794, les trois soeurs sont recluses dans le couvent de St-Joseph de Craponne, transformé en prison. Le 1 thermidor an VI (le 19 juillet 1798) elle signe son certificat de présence à Craponne et son portrait est le suivant : « Age 48 ans, ex-religieuse visitandine, taille quatre pieds dix pouces, cheveux et sourcils châtains, nez petit, yeux bleus, bouche moyenne, menton rond, front découvert, visage oval creusé de petite vérole. » . Louise Madeleine Augustine (12 décembre 1752 à Craponne). Comme sa soeur aînée, elle est religieuse au couvent de la Visitation. Elle signe son certificat de présence à Craponne le 1 thermidor an VI (le 19 juillet 1798) son portrait est le suivant : « Age 45 ans; religieuse visitandine, taille cinq pieds, cheveux et sourcils noirs, yeux noirs, nez aquilin, bouche petite, menton front découvert et visage oval. » Françoise Thérèse Rosalie (3 janvier 1754 à Craponne-26 août 1822 à Craponne) .Le 1 thermidor an VI (le 19 juillet 1798) elle signe son certificat de présence à Craponne et sa description physique est la  suivante : « Religieuse visitandine, âge 44 ans, taille cinq pieds, cheveux et sourcils châtains, yeux bleus, nez gros, bouche grande, menton court, front petit et visage ova. » . Marie Louise (née le 11 août 1756 à Craponne). Elle épouse à Craponne le 28 août 1781 Joseph Gabriel de Sagnard de la Fressange (son cousin). Le 6 thermidor an VI (24 juillet 1798) soit cinq jours pour un courrier de Craponne à Saint Didier en Velay-Montfranc, un certificat de présence est établi qui mentionne « sa moralité très reconnue » et son portrait : « Age 43 ans, taille cinq pieds, cheveux et sourcils châtains, front découvert, yeux gris, nez aquilin, bouche moyenne, menton rond, visage du même et coloré.» Elle signe Sagnard Sasselange Lafressange et un de ses témoins est un polonais appelé Stanislas Troyanoski (ancêtre d’Henri Troyat !). Jean François Régis (17 août 1757-15 février 1838).  Pierre Jules (5 juillet 1763-31 mars 1838).  Françoise (née le 2 mai 1767 à Craponne) . Elle entre à  10 ans à l'école de St-Cyr le 20 mars 1777. Elle est chanoinesse de Joursey (abbaye situé dans la Loire). Elle épouse le 29 septembre 1796 Louis Augustin Bernard de Vertaure, ancien officier au Régiment d'Auvergne, chevalier de Saint-Louis, fils de Jean François et de Gabrielle Porrat ou Porral de Saint-Vidal. Il habite dans la commune du Puy-en-Velay. Le 1 thermidor an VI (le 19 juillet 1798) elle signe son certificat de présence à Craponne. Cet acte comporte sa description physique : « Trente ans, taille de cinq pieds, cheveux et sourcils châtains, yeux bleus foncés, nez long, bouche moyenne, menton rond, front découvert et visage long. 

Revenons sur la vie de Jean Dominique de Sasselange qui effectue une brillante carrière militaire dans le Régiment d'Auvergne. Elle commence le 28 Décembre 1733 à 14 ans. Le 15 août 1734, il est lieutenant à 15 ans. Le 30 juin 1740, il est capitaine à 21 ans.

Dans la nuit du 15-16 octobre 1760, il assiste à un événement popularisé par Voltaire dans son Récit sur le Siècle de Louis XV. Nicolas, chevalier d'Assas commande à Clostercamp, près de Gueldre, une avant-garde. Pendant la nuit, il sort du camp pour reconnaître les postes ennemis. Il tombe au milieu d'une colonne de grenadiers Hanovriens. Ces derniers lui croisent vingt baïonnettes sur sa poitrine. Ils lui crient "Si tu parles, tu meurs !". Le chevalier d'Assas pense au salut de ses camarades. Il n'hésite pas. Il recueille toutes ses forces pour jeter une parole qui rend utile son dévouement solitaire. Il se sacrifie en criant au milieu de ses ennemis "Auvergne à moi! C'est l'ennemi". Il tombe sous les baïonnettes. Mais heureusement, son cri d'alarme est entendu. En effet, Jean Dominique de Sagnard de Sasselange est l'un des premiers à répondre à son sublime appel. Il agit car c'est l'un des plus fidèles compagnons de cet héroïque et brave chevalier d'Assas. L'amitié et la bravoure sont résumées dans cet épisode militaire relaté par Voltaire (Le siècle de Louis XV). En 1769, il sert sous les ordres de son compatriote Noël Jourda de Vaux en Corse. Il fait toutes les campagnes de ce demi-siècle fort agité et belliqueux.

Il s'éteint dans sa maison de Craponne le 18 avril 1816, à 7 heures du soir, âgé de 97 ans, étant le doyen des chevaliers de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis. Au-delà de sa mort, son souvenir est resté dans les mémoires. Le 19 avril 1816, une oraison funèbre est prononcée le surlendemain de sa mort. Elle sort de toutes les bouches. Des prières sont dites devant ce cercueil sur lequel brille, entre les armoiries héréditaires, cette épée vaillamment tenue au cours de nombreuses batailles, le grand cordon rouge et toutes les décorations obtenues par ce vieillard âgé de quatre-vingt-dix-sept ans, doyen des officiers Français et des chevaliers de Saint-Louis. La population avait demandé qu'il fût inhumé dans l'église paroissiale. Ce voeu fut exaucé (ses restes vénérés furent pieusement déposés dans les caveaux d'une chapelle, au pied de cette dame de Piété dont tant de fois, quand la tourmente révolutionnaire le permit, le vieillard avait appelé sa miséricorde sur lui-même, sur sa famille et sur toute sa patrie). Il fut fils, père, frère, oncle, neveu de douze chevaliers de Saint-Louis du nom de Sagnard.

         Son fils, Jean François Régis de Sagnard de Sasselange se marie avec Louise Antoinette Hortense Courbon de Saint-Genest en 1802. Il est né à Craponne le 1 août 1757 et meurt à Craponne le 15 février 1838 (un petit mémorium rappelle son souvenir dans le cimetière de l'église de Sasselange de Veauchette). Sa femme est la fille d'Antoine, chevalier, seigneur de la baronnie de la Faye, Marlhes, Saint-Genest et de Marie Reine d'Aurier d'Olias du Fay. Elle est née en 1777 et elle est morte le 21 septembre 1867. C’est la grande tante de Max de Saint Genest (fin XIX°siècle), maire de Veauche,  habitant le château de la Plagne et mari de Marie Reine Chamboduc de Saint Pulgent. Ils ont 2 enfants : Jeanne Marie Marthe Amédée. Elle est née le 15 juillet 1803 à Craponne, morte le 10 novembre 1884 à Montbrison et elle est chanoinesse du chapitre noble de l'ordre royal de St Anne de Munich. Son deuxième enfant est  Antoine Jean François Régis (3 mai 1807-6 octobre 1893).  

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